Jahcoozi - Blitz n’ass
Pourquoi voit-on de plus en plus régulièrement Jahcoozi dans les grandes capitales ?Les Berlinois préparaient simplement la sortie de leur second album en s’affichant dans les événements les plus fluos du moment, notamment la We Love Fantaisy, chroniquée récemment.
Ça fait un moment que l’opus traîne sur le mac, aussi j’ai été surpris de ne pas m’être vu devancé dans la rédaction d’une chronique par mes éminents confrères, étant moi-même occupé dans un déménagement houleux.
Lorsque j’ai découvert Jahcoozi grâce à Modeselektor, je me suis rué chez le disquaire le plus proche pour acquérir leur premier album « Pure Breed Mongel ».
On pouvait y trouver Dubstep, Breakbeat, Drum & Bass et Electro Booty Bass comme ils disent.
La barre était placée (assez haut).
Qu’en est-il donc de cette dernière galette ?
Elle s’ouvre sur « BLN », qu’on a pu ouïr dans la dernière Bpitch Camping. Les basses hybrides sont là, et Sasha Perera conserve son flow bien pumpin’.
« Style » n’a pas grand chose de stylé, mis à part ses sonorités orientales.
C’est la première déception qui n’est malheureusement pas la seule.
On s’ennuie vite et l’on a l’impression désagréable d’un album lambda. Une originalité presque inexistante, des beats et melodies qui ne parviennent pas à nous transporter pendant ne serait-ce qu’une minute. Cette constatation est fondée sur la majorité des morceaux qu’on pourrait classer dans la catégorie « electro » dans son sens populaire, à savoir un beat régulier sur 4 temps dans les environs des 125 - 130 BPM.
Pour le reste on trouve quand même de bonnes choses, cet album n’est donc pas complètement merdique.
« Hands In Ya Pocket » est une petite ballade automnale bien agréable, down tempo bien coulant, avec cette guitare au cordes de velours.
« High Tech » est un peu-ra bien frais, qui brille par l’invitation d’M. Sayyid, qui propose une alternative enrichissante à Sasha que je sentirais presque fatiguée ou ternie par son engagement dans les grandes causes et le travail résultant sur ses textes.
« Flatline » a sérieusement quelque chose du « My Love » de Justin par les nappes synthétiques. Couplées au beats de Jahcoozi, on obtient un résultat séduisant, même si loin de l’underground Berlinois.
On revient à des choses plus intéressantes sur « Chill Jill » et « Rainbow coloured Rizzla», deux tracks de dubstep. Le premier plutôt froid avec des passages ravey qui ne laisseront pas un bassin immobile. Le second donne dans basse ultra-puissante, celle qui décrasse les murs encore mieux que Monsieur Propre.
Avec « Collagen », on part dans un beat plus enervé à base de basses sourdes et de congos. Ce truc vaguement tribalisant hybridé au style pumpin’ Knifehandchop est probablemment la chose la plus efficace de l’album.
Ces quelques tracks dans le style qu’on leur connaît parviennent aisément à sauver l’ensemble de l’album, mais on regrettera d’être si peu gâté, nous, les auditeurs de la première heure.
Parce que je sais de quoi ils sont capable, hein, c’est pas leur faute si cette connerie de new rave a bousillé la moitié de l’album.
Jahcoozi - Chill Jill
Jahcoozi - Collagen