samedi 27 octobre 2007

Jahcoozi - Blitz n'Ass


Jahcoozi - Blitz n’ass

Pourquoi voit-on de plus en plus régulièrement Jahcoozi dans les grandes capitales ?

Les Berlinois préparaient simplement la sortie de leur second album en s’affichant dans les événements les plus fluos du moment, notamment la We Love Fantaisy, chroniquée récemment.

Ça fait un moment que l’opus traîne sur le mac, aussi j’ai été surpris de ne pas m’être vu devancé dans la rédaction d’une chronique par mes éminents confrères, étant moi-même occupé dans un déménagement houleux.

Lorsque j’ai découvert Jahcoozi grâce à Modeselektor, je me suis rué chez le disquaire le plus proche pour acquérir leur premier album « Pure Breed Mongel ».
On pouvait y trouver Dubstep, Breakbeat, Drum & Bass et Electro Booty Bass comme ils disent.

La barre était placée (assez haut).


Qu’en est-il donc de cette dernière galette ?


Elle s’ouvre sur « BLN », qu’on a pu ouïr dans la dernière Bpitch Camping. Les basses hybrides sont là, et Sasha Perera conserve son flow bien pumpin’.

« Style » n’a pas grand chose de stylé, mis à part ses sonorités orientales.
C’est la première déception qui n’est malheureusement pas la seule.

On s’ennuie vite et l’on a l’impression désagréable d’un album lambda. Une originalité presque inexistante, des beats et melodies qui ne parviennent pas à nous transporter pendant ne serait-ce qu’une minute. Cette constatation est fondée sur la majorité des morceaux qu’on pourrait classer dans la catégorie « electro » dans son sens populaire, à savoir un beat régulier sur 4 temps dans les environs des 125 - 130 BPM.

Pour le reste on trouve quand même de bonnes choses, cet album n’est donc pas complètement merdique.


« Hands In Ya Pocket » est une petite ballade automnale bien agréable, down tempo bien coulant, avec cette guitare au cordes de velours.

« High Tech » est un peu-ra bien frais, qui brille par l’invitation d’M. Sayyid, qui propose une alternative enrichissante à Sasha que je sentirais presque fatiguée ou ternie par son engagement dans les grandes causes et le travail résultant sur ses textes.

« Flatline » a sérieusement quelque chose du « My Love » de Justin par les nappes synthétiques. Couplées au beats de Jahcoozi, on obtient un résultat séduisant, même si loin de l’underground Berlinois.

On revient à des choses plus intéressantes sur « Chill
Jill » et « Rainbow coloured Rizzla», deux tracks de dubstep. Le premier plutôt froid avec des passages ravey qui ne laisseront pas un bassin immobile. Le second donne dans basse ultra-puissante, celle qui décrasse les murs encore mieux que Monsieur Propre.
Avec « Collagen », on part dans un beat plus enervé à base de basses sourdes et de congos. Ce truc vaguement tribalisant hybridé au style pumpin’ Knifehandchop est probablemment la chose la plus efficace de l’album.


Ces quelques tracks dans le style qu’on leur connaît parviennent aisément à sauver l’ensemble de l’album, mais on regrettera d’être si peu gâté, nous, les auditeurs de la première heure.


Parce que je sais de quoi ils sont capable, hein, c’est pas leur faute si cette connerie de new rave a bousillé la moitié de l’album.

Jahcoozi - Chill Jill

Jahcoozi - Collagen

mardi 16 octobre 2007

Kitsune Boombox

kitsuneboombox.jpg




Kitsune Boombox c’est la première compilation mixée de Kitsuné.



C’est aussi la collab entre les soirées
Boombox d’Outre Manche et le label français.

Vous ne connaissez pas les soirées
Boombox ?

Moi non plus.



Normal c’est un truc
hype, ou il n’y a que peoples, freaks et copains qui rentrent. Des gens classes et bien habillés. C’est pour ça que Kitsuné d’ailleurs, parce qu’ils font aussi des fringues.

Ainsi la compile est un peu la
BO du genre de soirée que vous voyez photographiées sur Last Night Party ou Cobratruc. Les filles qui montrent leurs seins pour Fluokids et les mecs « avec des looks de ouf ».

D’ailleurs le disque fait l’objet d’une vente exclu chez
Colette avant la sortie officielle. Comme ça quand tu habites à Paris tu peux te la péter parce que tu l’as avant tout le monde.

Sur la pochette il y a même un autocollant « acheminé par
Eurostar », pour faire genre, parce que bien sûr le sticker est en dessous du cellophane.

Ba ouais fallait pas l’abîmer.



Cessons cette écartade purement jouissive, qui n’est que le reflet du bulletin de presse, pour parler de la musique.



Je me suis toujours demandé quel genre de musique ils passaient dans ces soirées à la con, où les gens sont tellement bourrés et cocaïnés qu’ils n’y font même plus gaffe.

C’est pas si mauvais en fait.

On a affaire à pas mal d’hybrides discoÏdes, ou les vocales tendent à donner une qualité presque acceptable malgré une récurrente obsession à remixer.

Ainsi,
Chromeo, Riot In Belgium, Feist, SMD, Headmann, The Glimmers, Rex The Dog et les Digi se succèdent.

C’est tout ?

Oui. Tout ça s’enchaine sans vraie magie, malheureusement, et c’est la faute à
Jeremy Bouthier, qui se contente d’exécuter un vulgaire Beatmix.



Pour résumer donc, on a affaire à une compilation avec une bonne playlist, qui aurait pu faire l’objet d’un
Kitsuné Maison 5, mais qui a préféré s’égarer sur les chemins de la hype, guidée par le crossfader nullissime de Jeremy.


On fait tous des erreurs.


Oliver Koletzki - Music From The Heart


Chromeo - Fancy Footwork (Guns 'n' Bombs Remix)


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Body Language Volume 5 Mixed By Château Flight

bodylanguage005.jpg




Depuis la
Monza Club de Damian Lazarus, je fais un peu plus attention aux compilations labellisées Get Physical.



Il s’agit ici d’un «
Body Language », le je ne sais combientième opus de la série, que je n’ai à vrai dire jamais écoutée, faute d’affinité ou d’ouverture d’esprit, honte à moi. C’est ça le fait d’avoir grandi avec ipod et MP3, on ne prend même plus la peine d‘écouter ne serait ce qu’un morceau en entier, alors une compilation mixée, évidemment…



Heureusement j’ai grandi.



Lorsque j’ai donc le dernier opus en main propre, j’observe la tracklist et mes instincts primaires de jeune con prennent le dessus sur un track intitulé «
116 BPM Beat ».

« Putain c’est lent » me dis-je.



Décidemment…



J’aurais entendu quelqu’un dire ça je l’aurais méprisé du haut de ma bibliothèque
iTunes en lui parlant des mixes de Radio Slave et Prins Thomas chez Eskimo.



Ici il s’agit de
Château Flight. Si je parle une ligne plus haut d’Eskimo c’est qu’il y a aussi dans cette compilation quelque chose de fraîchement cosmique et discoïde, qui évidemment me plait, et vous plaira peut-être.

Vous le saurez dès le début de la compilation qui annonce vite la couleur avec quelques noms scandinaves imprononçables,
Bogdan Irkuk ou Todd Terje, mélangés a des productions maisons des membres de Château Flight (I : Cube, Gilb’R).



On est très vite scotché à ses enceintes, en se demandant quel genre de sonorités bizarres on est en train d’écouter, puis en ne se demandant plus rien au final. Il faut vraiment être con pour chercher à poser des étiquettes partout…

Ah les jeunes.



Moment d’apothéose sur
Syncom Data, qui vient fusionner avec un classique de Westbam (toujours vivant), « Monkey Say, Monkey Do », aux percussions percutantes. « Space Warrior » des Smith N Hack est bizarre et génial comme la majorité de leurs productions (achetez le maxi). J’hésite même presque à parler d’italo moroderienne comme sur la feuille de presse, mais il y a des termes qui sont presque sacrés.

Je découvre un peu plus loin un remix complètement dément de
Poni Hoax par Château Flight, avant de plonger dans les profondeurs d’Henrik Schwarz, à la « minimal » décidemment transgénique si bien qu’inqualifiable. Le tout finit sur « 3Tempo3 » de Punto, et on a encore l’impression de partir à des kilomètres mais le mix est fini.



Une excellente compilation donc, pour les jeunes comme les vieux.



Soyez curieux en fait.



Smith N Hack - Space Warrior

Henrik Schwarz -  Jimis 2006 (mix 3)



Get Physical Music

Château  Flight
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Kid Acne - Romance Ain't Dead

kid-acne-romance-aint-dead.jpgKid Acne - Romance Ain't Dead





Trax parlait toujours de The Streets.

Trax découvrent Jamie T, ils comparent à The Streets.

Trax aiment Plan B, ça ressemble à The Streets.



Comment oublier de parler d’un mec avec un nom pareil ?

Kid Acne, qui se veut plus qu’un énième MC British, est apparu dans les années 2000.

Il a déjà réalisé deux excellents albums «
Rap Traffic » et « Council Pop », accompagnés d’une flopée de maxis.

Également
graphiste, tu as peut-être déjà vu son travail sur quelques covers d’album, dans de jolis livres et sur les murs.



Demain, c’est son
nouvel album que tu pourras trouver dans les bacs à disques.

C’est aussi le meilleur.

Kid Acne a eu carte blanche et sert un album qui ne peut plus seulement se classer dans le genre Hip Hop.



Entrée en matière avec «
Eddy Fresh » hip hop oldshool en mode rouleau compresseur, puissant comme un Mentos dans une bouteille de Coca.

«
Oh no you didn’t » ne vous laissera aucun répit puisqu’il s’agit ici d’un genre de ska punk bien enervé où l'on sent monsieur Acne très impliqué. Headbangin' et pogos bienvenus.

Le rythme se calme. «
Don’t pity me » au beat électronique bien heavy, est encore un monstre d’efficacité, et je rêve d’un Modeselektor feat. Kid Acne.

Je te laisse juger de «
Roc Roc Radio » clippé plus bas, qui me fait un peu penser à « 99 problems » de Jay-Z (instru des couplets).

Un peu de douceur dans ce monde de brute, ambiance bal amoureux pour «
Fcuk All Lately » où Kid Acne conte ses histoires sentimentales.

«
2, 3, Break it »  a un kick bien speed, une grosse guitare saturée et Acne boy. Ça donne un punk couillu, avec des poils, un gros truc bien chanmé qui donne à croire que toute personne ne réagissant pas à ce track est complètement sourde.



Pour le reste, tu trouveras des
beats javellisés, crus, simples et efficaces, mais aussi une batterie délurée et un Kid Acne dont l’énergie fait déjà des jaloux parmi les lapins Duracel.



Assurément à posséder.



Kid Acne - Oh No You Didn't

Kid Acne - Worst Luck  
 


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It's a bird, it's a plane ?


 



No. It’s Supermayer.



Supermayer c’est la géniale fusion Michael Mayer (boss de kompakt) / Superpitcher (le monsieur mélodie du même label).

«
Save The World », c’est un peu la surprise Kompakt. Le disque que personne n’attendait. On a tous été habitué à Total & Speicher, techno teutonne made in Cologne qui n’a plus sa réputation à faire quant à son efficacité et sa qualité.



Évidemment depuis l’arrivée du
fluo, il arrive que nos amis technoïdes d’outre-Rhin s’en prennent plein la gueule. Musique dite froide, de drogués, molle, les superlatifs sont là et Kompakt en tant que fer de lance culturel germanique fait souvent les frais de tous ces préjugés.



Sauf que
Kompakt produit plus de techno que de minimal. Et que ce label a un véritable son, ce groove dément que vous retrouvez dans quasiment chaque production.

Écoutez, vous verrez.



«
Save The World », c’est un peu une invitation du label. « Apprenez à me connaître ».



Je t'explique pourquoi.



«
The Art  of Letting Go », précédé de « Hey », l’intro carillon, est une invitation à se laisser aller, sortir de toute étiquette, pour embarquer à bord du délicieux vol Supermayer.

«
Let’s get to it relax, let me go ». La batterie se met en marche, rapidement rejointe par une bonne grosse ligne de basse, trompette et cloche, et quelques notes soufflées par le synthé. Tout ce petit monde se relaie, s’accorde, et crée une fois de plus le groove Kompakt, reconnaissable entre mille, si vous possédez comme moi une bonne partie de la discographie du label.

«
Saturndays », la batterie se technoïse, et apparaît une bassline lourde, implacable, qui emplit à elle seule toute la pièce. Das ist Kompakt.

Le trippé «
superbrain transmission » a quelque chose de l’electronica experimentale. Il fait tapis rouge au nettement plus pop « Us and Them » ou les trompettes font leur retour, et je remarque cette étrange tonalité rétro, présente dès le début de l’album.

Interlude et ouverture à la flûte traversière pour l’ambiancée mais non moins excellente ballade de cowboy solitaire, d’ailleurs intitulée «
Lonesome King ».



Il est frappant de voir que chaque morceau explore un registre différent en étant une réussite totale.

Ainsi «
Please Sunrise » est un véritable bijou techno-pop, fruit logique de l’alliance des deux producteurs géniaux. « Planet of the Sick » ressemble à une reprise ravey du « Bar à Thym » de Kerri Chandler, et « Two Of Us », imparable rouleau compresseur, fait figure d’anthem de la techno musclée made in Cologne.



C’est «
Cocktail For Two », track laptop folk druggy, qui clôt un peu plus d’une heure de voyage initiatique aux riches sonorités Kompakt.



Voyage qui t’aura finalement incité à fouiner un peu plus dans un des meilleurs bacs à disques de ton revendeur
préféré,



So now you’re safe.



Sortie le 24 Septembre.


EP Two of Us déjà disponible



Supermayer - Two Of Us (original mix)

Supermayer - The Art Of Letting Go




Supermayerspace



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